John Wall, ou l’importance de la santé mentale

On ne présente plus les préparateurs mentaux qui sont au moins aussi importants que les préparateurs physiques en NBA. Notre ami Paul George avait d’ailleurs été l’objet de moqueries suite aux Playoffs dans la bulle d’Orlando. Mais parlons aujourd’hui santé mentale.

Vous l’avez sans doute vue passer. Et si ce n’est pas le cas, je vous invite vraiment à la lire. Dans « The Players Tribune », John Wall, notre nouvelle recrue à la mène, a donc publié une longue et magnifique lettre sur… sa dépression.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter le bonhomme. Mais pour les nouveaux fans, résumons ainsi. John Wall est un meneur de 32 ans, 5x All-Star, et sélectionné en 1ere position de la Draft 2010 par les Washington Wizards, dont il est le meilleur passeur et troisième meilleur marqueur de l’histoire. Autrement dit, un crack, un vrai.

Alors pourquoi l’a-t-on signé agent libre cette année pour des clopinettes ? On connaissait un pan de l’histoire, mais elle était loin d’être complète.

Crédit photo : Robert Gauthier / Los Angeles Times

Un an après avoir signé son contrat max avec les Wizards, Jean Mur se fait donc le tendon d’Achille en février 2019. Vous me direz que d’autres sont passés par la case blessure longue, et les exemples récents sont légion, à commencer par Kawhi qu’on a hâte de revoir jouer cette année. Remis sur pied, il est transféré fin 2020 aux Rockets dans un blockbuster trade contre Russell Westbrook.  

S’est-il relancé au Texas, dans une franchise pleine de jeunes dont il plombait (plombe toujours, d’ailleurs) les caisses avec son énorme contrat ? Ben, pas franchement. Au point de demander à son management de ne plus le faire jouer.

Que s’est-il donc passé en coulisses ?

Pour comprendre le bonhomme, il faut remonter à son enfance. Son père est en prison depuis toujours et décède l’année de ses neuf ans. Derrière, ben c’est pas simple financièrement, et sa mère se bat pour joindre les deux bouts. Payer les factures et permettre à son fils de vivre son rêve. Bien logique que le gamin se sente redevable et cherche à mettre la daronne à l’abri lorsqu’il accède à son rêve. Et que leur relation devienne fusionnelle. Alors, lorsque John, en convalescence et en déplacement à Charlotte, apprend le décès de sa mère, il pète un plomb. L’ancien roi de Washington, millionnaire, en plein prime, est non seulement devenu personne, mais a perdu celle qu’il nomme sa meilleure amie.

On va arrêter de suite ceux qui plaisantent à ce sujet. La dépression, c’est pas une blague. C’est pas une histoire de mental en carton, ou de millionnaire qui se plaint pour rien. Et il n’y a d’ailleurs pas besoin de vivre autant d’horreurs que John Wall pour tomber dedans. Le mec se disait quand même : « peut-être que mes gamins seront mieux si je ne suis plus là ». Voilà.

Crédit photo : Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

Aujourd’hui ça va mieux, il se sent respirer, et libre, de ses propres mots. Parce qu’il a pris la décision d’en parler. De demander de l’aide. Puis d’écrire cette lettre. Alors merci à la NBA qui libère de plus en plus la parole sur ce genre de sujets (Kevin Love et Demar DeRozan ont parlé de santé mentale ces dernières années). Et merci monsieur John Wall, on a hâte de te voir tout casser sous notre maillot.

PS : Si vous n’êtes pas heureux, que vous vous sentez déprimé, que vous avez pas envie de vous lever le matin…parlez-en. C’est pas une honte. Vous êtes malades, vous allez voir un médecin, ben là c’est pareil. Prenez soin de vous la famille ❤

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