Back to the Clippers #6 | Elton Brand, une étincelle dans la pénombre

« Cette team me manque définitivement. C’était une super équipe avec une bonne complicité ».

Voici les mots d’Elton Brand dans le podcast « The Lowe Post » animé par le journaliste d’ESPN Zach Lowe. Actuellement GM des Sixers, Elton foulera le parquet du Staples Center entre 2001 et 2008 et (re)placera les Clippers sur le devant de la scène.

Source photo : AminoApps

Un itinéraire tout tracé

Mais avant toute chose, retour sur le parcours du bonhomme, en commençant par ses jeunes années. L’ailier fort de 2m03, inscrit au lycée de Peekskill (Etat de New-York), intègre dès son arrivée l’équipe première. Tout le monde comprend très vite que cet homme est né pour le basket. Ses statistiques parlent pour lui : 40 points et 20 rebonds de moyenne, rien que ça ! Ses performances lui permettent de disputer l‘AAU (ligue de basket amateur) avec des joueurs comme Lamar Odom, qui sera son coéquipier aux Clippers quelques années plus tard. Fort de ses performances, le poste 4 attise les convoitises. Les universités se bousculent pour attirer la jeune star. Après mûre réflexion, il rejoint en 1997 la prestigieuse université de Duke dirigé par Mike Krzyzewski. Sous les ordres de coach K, il domine les raquettes universitaires. Lors de son année sophomore, il emmène ses partenaires jusqu’en final du Final Four et est nommé joueur de l’année. Il quitte les Blue Devils dans la foulée pour se présenter à la draft NBA en 1999.

Débuts en NBA

Source photo : Chicago Tribune

Elton Brand sera sélectionné en première position par Chicago. Mais comment les Bulls ont-ils réussi à obtenir le first pick ? Revenons un an en arrière pour répondre à cette question. En juillet, le mythique coach Phil Jackson n’est pas reconduit à la tête de la franchise. La saison régulière débute en février 1999, dû à un lockout, et compte seulement 50 rencontres. La suprématie des Bulls est sur le point de prendre fin. Michael Jordan décide de prendre sa retraite en janvier. Dans la foulée, de nombreux départs importants sont annoncés tels que Scottie Pippen (Rockets), Dennis Rodman (Lakers),Luc Longley (Suns) ou encore Steve Kerr (Spurs). L’effectif est décimé, Chicago vit une saison compliqué en terminant avec un bilan famélique de 13 victoires pour 37 défaites. Malgré tout, les dirigeants espèrent reconstruire rapidement la franchise en obtenant le first pick : Elton Brand. Malgré deux saisons correctes avec une vingtaine de points par match, un trade est conclu et Elton est envoyé aux Clippers.

Arrivée aux clippers

En 2001, Elton débarque en Californie via un trade envoyant Brian Skinner et les droits de Tyson Chandler (drafté en deuxième position) à Chicago. Elton arrive dans une franchise s’enlisant dans les bas-fonds de la ligue. Dans l’ombre des Lakers, les Clippers n’arrivent pas à passer un cap malgré de nombreux first picks à la Draft. Encore faudrait-il savoir drafter hein. Exemple frappant à la Draft 1998, une cuvée comptant des futurs all stars tels que Dirk Nowitzki, Vince Carter, Paul Pierce ou encore Jason Williams pour ne citer qu’eux. Aucun ne rejoindra la Cité des Anges.

« With the first pick in 1998 NBA Draft, the Los Angeles Clippers select … Michael Olowokandi ».

Vous ne le connaissez pas ? C’est bien normal ! Notre bon vieux Michael ne fera jamais ses preuves en Californie ou ailleurs, puisqu’il terminera sa carrière NBA en 2007 en tant que remplaçant à Boston. Bref, difficile de sortir des profondeurs en gérant une franchise de la sorte. Elton Brand arrive alors pour redresser la barre du voilier.

Sa bonne première année (18,2 points) lui permet d’honorer sa première sélection au All-Star Game, en remplaçant le gros Shaq. Elton enchaine une deuxième saison très complète (18,5 points) mais est agent libre restreint à la fin de celle-ci. Donald Sterling (propriétaire à l’époque) s’aligne alors sur une offre de Miami pour conserver son ailier fort sur le long terme.

2005 / 2006 : meilleure saison de sa carrière

Fast Forward jusqu’en 2006. Lors de cette saison, Brand est le franchise player et le leader incontesté de nos Clippers. Il devient All-Star pour la deuxième fois de sa carrière grâce à une excellente saison. Au niveau individuel, il cumule des statistiques dignes des meilleurs joueurs de la Ligue : 24,7 points, 10 rebonds, 2,6 passes décisives et 2,5 contres par soir (ndlr : oui, c’est solide, très solide). Il permet donc à son équipe de se classer 6ème à l’ouest en remportant 47 rencontres en saison régulière. Après 9 ans de disette, les Clippers sont ENFIN de retour en Playoffs. Tout cela permet même à Elton de terminer 7ème au classement du MVP.

Au premier tour des Playoffs, les Nuggets d’un certain Carmelo Anthony se dressent sur la route des Californiens. Les Clippers remportent la série 4-1 dans le sillage d’un Elton Brand solide sans pour autant forcer son talent (17,8 points et 10 rebonds de moyenne). Les Suns, coachés par Mike D’Antoni, affrontent les Angelinos au second tour. L’ailier fort de 2m03 annonce la couleur dès le game 1 : 40 points, 9 rebonds et 4 contres. Pourtant, Phoenix, porté par un Steve Nash des grands jours, (31 points, 12 passes) remporte cette première opposition (130-123). Los Angeles empoche le Game 2 avec la manière (122-97). Les équipes se répondront coup pour coup dans cette série et les Suns mènent donc 3-2. Lors du match 6, notre poste 4 envoie 30 points, 12 rebonds et 5 contres pour rester en vie dans ce deuxième tour. Malheureusement et malgré un Elton Brand de gala (36 points et 9 rebonds), les Suns, poussés par leur public remporteront cette ultime bataille (127-107). Affichant les moyennes monstrueuses de 30,9 points, 10,4 rebonds, 4,3 passes décisives et 3,1 contres sur les sept rencontres de la série, l’ailier fort Californien aura tout donné pour emmener les Clippers en Finales de Conférence pour la première fois de leur histoire… mais il aura fallu attendre 15 longues années de plus pour voir ce rêve se concrétiser. Cette saison reste malgré tout réussie, et sent bon le bel avenir pour la franchise. Oui mais voilà, et comme souvent avec les Clippers, rien ne se passa comme prévu.

Régression et blessures

La saison suivante fut malheureusement très décevante. Un Elton Brand un peu moins productif s’ajoutant à un collectif affaibli par diverses blessures ne permettent pas aux Clippers d’accéder aux Playoffs (40 victoires pour 42 défaites, 9ème à l’Ouest). Revanchards, ils désireront revenir plus forts pour l’exercice 2007/2008… mais le 7 août 2007, ce communiqué viendra glacer le sang de tous les fans californiens.

L’ailier fort des Los Angeles Clippers Elton Brand s’est rompu le tendon d’Achille gauche aujourd’hui lors de son entrainement quotidien au Spectrum Club South Bay. Des plans pour que Brandt subisse une intervention chirurgicale pour guérir la blessure sont en cours. Les détails seront communiqués par l’équipe dès qu’ils seront connus.

NBA.com

Le verdict est sans appel : le franchise player californien ne refoulera pas les parquets de sitôt. En effet, il reviendra seulement le 2 avril, mais ne disputera que huit petites rencontres. Orphelins de leur superstar, les pensionnaires du Staples Center vivront une saison cauchemardesque en terminant avec un bilan de 23 succès pour 59 revers. A l’intersaison, Elton décline sa dernière année de contrat. Selon plusieurs observateurs, il aurait pris cette décision pour permettre aux Clippers d’avoir plus de flexibilité pour construire un effectif compétitif. Lorsque que Baron Davis signe à Los Angeles quelques jours plus tard, tout porte à croire que le poste 4 re-signera pour former un formidable duo pouvant emmener l’équipe sur le toit du monde. Mais le 9 juillet, c’est la douche froide : Elton Brand s’engage avec les Sixers. Baron Davis, trop seul, ne parviendra pas à remettre Los Angeles sur le devant de la scène. Il faudra attendre les années Lob City pour que la franchise retrouve de sa superbe.

Une lente descente aux enfers

Les pépins physiques s’accumulent pour l’ancien joueur de Duke. Il doit se faire opérer d’une épaule en 2009. Désormais limité physiquement, ses statistiques et son impact faiblissent de jour en jour. En 2012, le front office de Philadelphie le coupe pour se séparer de son contrat devenu un frein au développement de la franchise. Il poursuit sa carrière en NBA à Dallas (une saison) puis à Atlanta (deux saisons). A la fin de son aventure en Géorgie, il annonce sa retraite sportive. Mais, sous les conseils de Coach K, il décide de revenir une dernière fois aux Sixers en 2016. Il prend définitivement sa retraite de basketteur cette saison là. Il restera néanmoins dans l’univers de la balle orange puisqu’il occupe depuis 2018 le poste de General Manager, toujours chez les Sixers.

Ce bon vieux Elton passa tout de même 17 ans sur les parquets NBA. Son parcours du côté des Clippers aura été une éclaircie dans notre sombre histoire. Si proche d’une finale de Conférence, mais en même temps si loin. C’est seulement quinze ans plus tard que les Clippers atteindront ce stade pour la première fois de leur histoire. Bis repetita, privés de tonton Kawhi, ils furent une nouvelle fois stoppés … par les Suns emmenés par … Chris Paul. Comme dirait l’autre, on ne change pas une équipe qui perd !

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